Le rayon des compléments dits de fertilité masculine est bien rempli, et l'essai randomisé le plus large publié sur le sujet est beaucoup moins cité que les produits qu'il a testés. Cette page rapporte ce qu'il a observé, avec ses chiffres et ses limites.
L'essai FAZST, en clair
Schisterman et ses coauteurs ont publié dans le JAMA en 2020 les résultats de l'essai FAZST : 2 370 hommes, six mois de supplémentation en folate et en zinc contre placebo, avec les naissances vivantes comme critère principal. Résultat : 34 % de naissances vivantes dans le groupe supplémenté contre 35 % dans le groupe placebo, différence ajustée de -0,9 % avec un intervalle de confiance à 95 % de -4,7 à 2,8. Autrement dit, aucun écart en faveur des compléments, sur l'essai le plus large disponible.
Comment lire ce chiffre sans le tordre
Ces 34 % et 35 % sont des moyennes de population, observées sur un groupe précis dans un protocole précis. Ce ne sont pas des pronostics et ils ne disent rien de ta situation particulière, dans un sens comme dans l'autre. Un résultat nul sur un essai de cette taille ne signifie pas non plus que toute molécule serait inutile pour tout le monde : il signifie que sur ce critère, ces produits et cette durée, l'écart observé est compatible avec zéro. C'est déjà beaucoup pour un rayon qui se vend sur la certitude.
Le CoQ10 et les antioxydants
Notre base les classe à part : signal réel mais hétérogène, et très surexploité par le marketing du bien-être (BRIEF, section Science). Hétérogène veut dire que les études ne pointent pas toutes dans le même sens et qu'aucune conclusion ferme n'en sort. C'est un niveau de preuve faible, affiché comme tel.
Ce que le cadre réglementaire autorise à dire
Les allégations européennes existantes - le zinc et la mention « fertilité et reproduction normales », le sélénium et la « spermatogenèse normale » - relèvent d'un cadre d'étiquetage (EFSA) et sont utilisables en éducation seulement. Elles ne constituent pas une démonstration d'effet et ne valent pas conseil. MALVEA ne vend ni ne recommande aucun complément, y compris de façon implicite : c'est un positionnement assumé, pas une précaution. La liste complète de ces refus est sur la page ce que MALVEA ne fait pas. Côté assiette, en revanche, il reste quelque chose à lire, avec un niveau de preuve modéré affiché comme tel : c'est le régime méditerranéen, le profil alimentaire le plus étudié sur ce terrain.
Ce que cette page ne dit pas
Elle ne conseille aucune prise, aucun arrêt et aucun dosage. Elle ne pose aucun diagnostic, n'interprète aucun examen et ne prédit rien. Une supplémentation prescrite après un examen se discute avec le médecin qui l'a prescrite.